Le Beigneau
Le Beigneau est un jeu de tir.

Il existe toute une variété de jeux de tirs où le joueur exerce son adresse en envoyant un palet dans des trous percés dans des planches.

Dans le "beigneau" de Flandres, la planche est horizontale; dans la "grille", à Saint-Pol-sur-mer et à Dunkerque, les buts sont les ouvertures numérotés d'une grille; dans le "tonneau", c'était le trou de la bonde, avant de se transformer en "jeu de la grenouille".
Jeu de la grenouille :
Le mot a désigné une tirelire en forme de grenouille et, à la fin du XVIIIème siècle, une somme d'argent mise en réserve à par groupe, d'où l'expression "manger la grenouille". Ces références se trouvent dans le jeu diffusé à la fin du XIXème siècle où il s'agit de renvoyer un palet dans la gueule d'une grenouille de fonte comme dans une tirelire. c'est une variante du jeu du tonneau.

    

 


    Le nom de beignau vient du fait que ce jeu rappelle la forme d'un petit tombereau à trois roues, une devant et deux derrière, que l'on nomme beigneau ou benniau en Flandre et au Hainaut. C'est ce qui laisse à penser que les beignoteux exerçaient leur adresse dans une importante partie de notre Nord. Actuellement, il ne reste que de rares exemplaires de ce jeu, un à Wazemmes, au café Parmentier, rue d'Arcole à Lille où il sert deux fois l'an pour les fêtes de Lille en juin et à la Braderie, un autre à Loos où, il est utilisé à Pâques et aux braderies. Soucieuse de préserver ce petit trésor, la mairie de Lille en a façonné deux copies.

    Le beigneau se présente comme un plan incliné d'un mètre de large et d'un mètre cinquante de long percé au centre d'un trou rectangulaire permettant le passage de palets d'acier d'un poids de 1500 g lancés d'une distance de trois mètres. En tombant dans le trou, le palet heurte une clochette symbole de la dextérité du joueur qui encaisse deux points grâce à cette action. Desrousseaux nomme cela faire une passe).
    Tout palet qui reste sur l'épaisse semelle de chêne, d'un seul morceau de vingt centimètres d'épaisseur s'il vous plaît, rapporte un point ; par contre, tombé hors du jeu, le palet retire un point aux beignoteux. Le total des points se fait sur deux lancers de huits palets.
     En cas d'ex-aequo, on pratique le rabattage en lançant une troisième fois. Afin d'assurer un arbitrage parfait, deux commissaires placés de chaque cté du beigneau, sont chargés du compte des points. Ils maintiennent également la semelle propre en brossant régulièrement la planche pour éliminer les morceaux de bois immanquablement détachés lors des jets.
    
Le lanceur doit profiter au maximum de la châleur du beigneau, c'est à dire de l'élasticité de la semelle qui répond aux coups de palets. Dans le passé, des équipes de deux, quatre ou huit se rencontraient, ce qui attribuait aux joueurs soit quatre, soit deux, soit un palet. L'équipe comptait alors autant de points qu'elle avait de palets plus rapprochés du but que ceux des adversaires. En cas de doute, cite encore Desrousseaux, on mesurait au moyen d'un compas à partir de la barre centrale située juste au-dessus du trou central. Cette barre est toujours présente à Wazemmes mais n'est plus utilisée.