Le jeu du Casse-pots


      Le casse-pots : « Le jeu consiste pour un participant encagoulé à casser, dans un temps déterminé, un pot de terre cuite pendu à un portique. Il doit, à l'aide d'un manche de pelle ou d'un bâton, casser un pot d'un seul coup. Le public encourage le participant à se positionner par des cris parfois contradictoires. C'est une cacophonie joyeuse et bruyante, ponctuée par les éclats de rire de l'assistance à chaque coup raté et quand le joueur est douché par l'eau contenue dans certains pots »....
                 
        Pas facile vu la distance à parcourir, il faut encore se positionner pile poil en face d'un pot, et un seul essai pour taper avec la perche : fou rire garanti !

Une photo d'autrefois où certains Renanais pourront peut-être se reconnaître. Pour corser le casse-pots, le participant était désorienté car, au départ, il subissait deux ou trois tours sur lui-même avant d'être placé face au portique et, de ce fait, il partait souvent de travers au lieu d'aller droit...

Un jeu remis au goût du jour par l'association EXPOTEM et Pierre Pailler, ancien renanais connu de tous, est archi calé sur l'histoire de ce casse-pots.
En savoir plus sur http://www.letelegramme.fr/local/finistere-nord/brest/strenanouess/strenan/exposition-sur-les-jeux-l-histoire-du-casse-pots-revisitee-14-04-2013-2069714.php#L8zlaK6gRXzUIedX.99


une vieille carte postale montrant les apprentis marins de l'école de Brest
qui fêtaient le centenaire de leur école par des jeux à bord.




Voici un beau document. C'est une photographie tirée d'après la pellicule d'un film financé par les frères Lumière. L'opérateur du film est inconnu.
La projection du film a été programmée la première fois le 27 novembre 1898 à Lyon (France) sous le titre Jeu du pot cassé (Lyon républicain, 27 novembre 1898).


 


Dans cette gravure ancienne, on observera que les enfants n'ont pas les yeux bandés


HISTORIQUE
           Le jeu est cité dans la liste des jeux joués par le jeune Gargantua (Rabelais, 1534) et illustré parmi les "Jeux d'enfants" de Pieter Breughel l'Ancien (1560) où le joueur aux yeux bandés doit frapper avec un bâton une marmite tripode retournée sur le sol.
        Les jeux et plaisirs de l'enfance, inventez par Jacques Stella et gravez par Claudine Bouzonnet-Stella, en 1657, présente par contre la "course du pot" où le joueur aux yeux bandés, peut-être au terme d'une course (?), doit frapper avec son bâton un pot à une anse rempli d'eau et accroché dans un arbre.
           Une scène figurant des enfants jouant à ce qui pourrait s'appeler une "quintaine à l'eau", illustrée dans un livre d'heure daté des environs de 1500 , rappelle également ce jeu.


L'expression : "Tant va la cruche à l'eau qu'enfin elle se casse, qu'enfin elle se brise", pour dire, qu'un homme s'expose si souvent au danger qu'a la fin il y demeure (Dictionnaire de l'Académie française, 1694), aurait-elle un lien avec ce jeu ?
               

       Il arrive que l'on trouve ce jeu dans une autre version où les pots de terre cuite ne sont pas suspendus. C'est une cruche posée à terre qu'il faut briser

       Un joueur aux yeux bandés doit atteindre un grand pot en terre cuite d'un coup de bâton sans toucher le sol. Pour l'aider, un autre joueur tapote avec un couteau sur la panse du pot retourné. Le but du jeu était-il de casser le pot ? Un jeu du même genre était, paraît-il, pratiqué par les adultes le dimanche lors des kermesses, avec un œuf.

Détail d'une peinture de Breughel (ci-dessous)




Ici une peinture venicienne du jeu qui illustre un texte de Rabelais




Au Portugal

Le jeu se fait en vélo. On suspend des pots, remplis de choses différentes. Certaines ont de l’eau, d’autres du sable, d’autres juste de l’air. Dans chacun des pots, un petit papier, indiquant quel est le prix gagné. Le but du jeu est simple: tout en faisant du vélo, il faut casser un pot avec un bâton. Si sur le papier on peut lire « poule », on remporte une poule. Si sur le papier est écrit « voyage à pied aller-retour à Fatima », on gagne ce fabuleux voyage…

Ici, le but du jeu est de casser le pot tout en faisant du vélo
Il arrive donc que souvent, on se fasse mouiller par un pot rempli d’eau, que l’on gagne quelque chose d’inutile, mais, comme le dit si bien l’organisateur du jeu, « tous les pots sont gagnants », même si le prix remporté est un « grand bol d’air frais ». C’est un jeu d’adresse plus compliqué qu’il n’y parait, les pots ne se laissent pas casser si facilement! Tout le monde participe, de 7 à 77 ans, hommes ou femmes. Pas de talent particulier à avoir, juste un peu d’adresse et de la bonne humeur.



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