Choule à la Crosse ou Choule Normande
(Normandie)


site de référence: http://membres.lycos.fr/greatiger/site/

Choule: historique

         En guise d'historique devrait on dire..... En effet si un tel historique s'évertue à chercher l'origine exacte de cette pratique, ou même s'il se contente de faire le catalogue des traces possibles, mieux vaut se reporter à la bibliographie présente sur le site (voir Jusserand ou Mehl pour aller au plus simple et au plus sur).

A vrai dire dès qu'il a existé un objet de convoitise et deux protagonistes on a pu parler de choule. Mais là c'est peut être aller trop loin. On peut circonvenir le propos en ajoutant que le contexte était le plus souvent celui de la fête (temps du carnaval), d'un rituel (mariage, fête du saint patron -St Maur en Normandie), ou d'un pari au sens large (jeu du Calcio entre Florentins et assaillants pour le gain de la ville).

        Le fait de "combattre", à la main, au pied, au bâton et / ou à la crosse pour l'obtention d'un objet (bâton, balle ou boule) de façon individuelle ou collective, pour l'argent ou le prestige se retrouve un peu partout dans le monde, mais seules certaines régions ont conservé encore récemment des traces archa•ques de ces jeux devenus sports que sont les foot-ball, le rugby, le hockey ou le golf. Le fait d'avoir conservé ces traces correspond à un trait de caractère, à une culture, une particularité dignes d'être préservés et font le ciment d'être qui vivent sur un même territoire.
       On joue toujours au Calcio traditionnel au moins une fois par an en Toscane, la pelote Basque et la corrida demeurent, pourquoi pas à la Choule (et la Tèque) en Normandie. Il y a encore un peu moins d'un siècle ce n'était pas la compétition qui regroupait des dizaines de villageois pour ramener une balle décorée et remplie d'un peu de monnaie dans son village.
       Même si certains joueurs étaient des pratiquants chevronnés, la Choule c'est surtout une certaine tradition disparue à présent avec l'industrialisation, les guerres mondiales (rejet des combats et la choule est à la base un entraînement au combat), l'exode rural et la rudesse mais la convivialité de la vie rurale.
      Les sports se sont développés et "mondialisés" par le fait de la disparition de leur aspect originel social et local, et de leur réglementation générale et même simplement par le fait de leur réglementation tout court et de l'aspect répétitif à court terme.
       En effet ceux ci ont ôté le côté spontané du rassemblement ou rituel de l'événement. Pour la choule à la crosse de type gain de but par équipe, nous avons en Normandie des textes concernant des ecclésiastiques (Avranches, Mortemer), le jeu s'apparente ici plus au golf, deux équipes s'affrontent pour atteindre un but plus ou moins éloigné. Nous avons également le fameux journal du Sire de Gouberville ou l'on peut déduire que l'on crosse souvent à carême, parfois à la sortie de messe, et juste à côté de l'église, chaque camp combattant pour emporter l'eteuf dans son but ou le placer dans celui de l'adversaire.
       Le document de Gouberville fait apparaître une pratique apparemment importante à l'époque dans la région de Cherbourg et qui semble partagée dans la région toute entière à la Renaissance. Celle ci serait elle à l'origine (à égalité avec le jeu pratiqué par les indiens avant l'arrivée des colons) du jeu de Lacrosse au Québec. Cela est probable dans la mesure où plus de la moitié des colons Français étaient d'origine Normande au XVI eme siècle et début XVII eme. Quand les joueurs sont insuffisant en nombre on choule "ÊpetitÊ". Un but, un défenseur, des lanceurs et on se rapproche du futur cricket Que devient la choule à la crosse après la RenaissanceÊ?
      En effet les témoignages disparaissent. Elle semble supplantée largement par le jeu de paume auprès des nobles et bourgeois, tandis que perdure sa version plus populaire et plus dure à la main ou / et au pied, puisqu'elle est assez abondamment citée au XIX eme siècle (notamment ces effets néfastes). Cependant nous avons fort peu de témoignage pour les XVII eme et XVIII eme siècles.
       Pour la choule à la main et au pied, les témoignages sont relativement nombreux en Normandie pour le XIX eme, mais aussi dans tout le Nord et Nord Ouest de la France (carte inversée de l'extension du rugby), notamment à cause des problèmes d'ordre public et les accidents physiques (voire les décès) occasionnés. Il n'est pas rare à la limite de l'Orne et du Calvados de voir 4 villages s'affrontés en même temps, sans compter les gendarmes à cheval qui tentent de s'opposer à l'évènementÊ!Ê!Ê! Avnat il y a toujours le journal de Gouberville montrant que l'on joue en hiver au moment de la St Maur quand le travail de la terre n'est plus possible et qu'il faut se réchauffer (bien que certain débordements sur les ailes se fassent dans la mer en JanvierÊ!).
       Encore plus avant Jusserand n'hésite pas à penser que les gars de Guillaume le conquérant emportèrent le jeu avec eux, car celui ci semble apparaître à Londres au moment de leur arrivée. Et comme celui ci serait arrivé en Neustrie (ancienne Normandie) avec les viking qui jouaient au Knattleikr.... Pratique dangereuse, débridée en période de carnaval ou à la suite d'une noce et qui sera interdite difficilement. La dernière partie officielle (et on suppose hautement édulcorée) ayant eu lieu près de Honfleur dans le cadre d'une fête. Les derniers témoignages oraux en Normandie font état de parties clandestines dans le bocage Virois juste avent la première guerre mondiale.
      Entre deux guerres on cite des parties en Bretagne mais dans une région très restreinte. Après la seconde guerre mondiale il y a des témoignage pour la Picardie essentiellement. Il y eu une partie lors du festival de Cornouailles en Bretagne il y a trente ans environ, et enfin depuis 5 ans en Normandie lors de reconstitutions historiques quelques passionnés se livrent à des parties débridées une ou deux fois par an. Citons également dans le sud ouest des joueurs de soule (voir leur site sur la toile).
      En Irlande on joue toujours au foot-ball gaelique et au hurling formes proches de la choule (voir tableau de comparaison) et sans doute origine identique (mélange romano scandinave de l'haspartum et du Knattleitkr - ce dernier se jouant encore en Russie et pays scandinaves sous une forme plus moderne)
       Que reste t-il des pratiques ancestrales en Normandie: d'excellentes ou bonnes équipes de Hockey...sur glace, alors qu'à Amiens en picardie la glace et l'herbe se portent bien, et à Lille c'est surtout l'herbe. De bonnes équipes de rugby au niveau régional dans les régions ou la choule se jouait beaucoup (Flers, L'Aigle). Un essai de Choule en Perche pour fêter la coupe du Monde de foot 98 a avorté. Aujourd'hui nous tentons de relancer ce type de sport, en reprenant la pratique à l'origine et en appliquant des règles qui respectent la spontanéité initiale du jeu tout en s'efforçant de le rendre le moins dangereux possible.
       Nous sommes loin de partir sur l'idée de championnat, 5 ou 6 rencontres par an dans le cadre de fêtes régionales serait déjà un heureux résultat.


CHOULE A LA CROSSE AU MANOIR DU PARC (St Lo d'Ourville / Manche) AOUT 2001 - Un dégagement en défense!

CHOULE CROSSE (règles)
Nombre de joueurs = 5 sur le terrain + des remplaçants pouvant entrer à tout moment.
Balle de ficelle ou étoupe + chiffon entourée de cuir, de 10 cm de diamètre environ, à faible rebond.
Un arbitre de champ et deux arbitres de buts et de zones éventuellement.
Temps de partie
à déterminer (prolongation éventuelle si égalité à la fin du temps) ou limite de points à atteindre.
Gain de la partie à la première équipe arrivée au nombre de points ou gagnante à l'issue du temps (calcul du temps par l'horloge de l'église, sablier ou montre à eau, bien sur) !
1/2 heure maximum s'il n'y a pas de remplaçants.
Buts (marques) constitués de poteaux larges de 5 cms et haut de 150 cms décorés au sommet de deux bandes de tissu couleur sang et or. Largeur des buts = 150 cms environ. Eventuellement une barre transversale (pour un but " guichet ", voir plus loin son application). Terrain en deux parties de 15 mètres chacune environ de longueur, sur 15 à 20 mètres de large , avec une zone interdite pour la défense et l'attaque de 3 à 4 mètres de rayon devant chaque but (suivant la nature du terrain).
Marque : un point par passage de ligne de but. Le nombre de points peut être en rapport avec la distance à laquelle le but a été marqué. Si on joue avec un but " guichet ", on peut marquer deux points si la barre est renversée directement. Si la barre tombe après que la balle ait touché un poteau, on compte un point.

       Tant que la balle est dans la zone interdite elle ne peut être jouée. Si elle reste immobilisée dedans, la balle revient à l'équipe qui l'a touchée en dernier. Si c'est la défense elle est jouée à partir d'un coin de zone et si c'est l'attaque à partir d'un coin de terrain au choix. Chaque équipe ne peut marquer qu'à partir du terrain adverse et en dehors de la zone interdite. Un but n'est valable que marqué avec la crosse. Par contre la balle peut être contrôlée à la main, de la tête ou au pied à condition que ce contrôle soit suivi d'une action avec la crosse par le même joueur ou un autre.

     L'arbitre peut considérer qu'un contrôle non suivi d'une action de crosse, est un arrêt interdit et accorder par conséquent un but ou la balle à l'adversaire.

     Les passes peuvent se faire dans tous les sens et d'une partie à l'autre du terrain sans restriction. La balle peut être soulevée à la main et frappée à la crosse ensuite. Elles peuvent se faire au pied à condition de jouer le coup suivant à la crosse. Ê Une pénalité peut entraîner l'exclusion d'un joueur pour 2 minutes par exemple (pour violence ou arrêt interdit).
Les remises en jeu:
            1/ pour sortie de terrain sur les côtés, se font avec la crosse, la balle pouvant être soulevée à l'aide de celle ci comme pour toute action normale de jeu, ou à la main. La remise en jeu pour sortie derrière la ligne de but suppose que toute l'équipe adverse soit retournée dans son camp. Les remises en jeu sur les côtés supposent qu'un adversaire soit à plus d'un mètre de la ligne ou s'effectue la remise en jeu.
            2/ Si la balle a été sortie par un défenseur derrière la ligne de son but l'équipe adverse prend possession de la balle et la remet en jeu, soit à l'endroit de sa sortie, soit, au choix, à un des coins du terrain d'attaque mais uniquement à la crosse. Si la balle a été sortie par un attaquant adverse : remise en jeu dans la zone et à la crosse.
             3/ en cas de but remise en jeu du milieu de terrain les joueurs adverses étant regroupés dans leur zone. Le remplacement d'un joueur peut se faire à tout moment et à n'importe quel lieu du terrain, sans limitation.
      
L'engagement de la partie se fait par le jet de la balle en l'air au centre d'un cercle constitué par l'ensemble des joueurs, et d'un diamètre d'environ 4 mètres. L'intervention des joueurs ne se fait qu'une fois la balle à terre.

GRANDE CHOULE: Règles pour la choule à la main et aux pieds L'enjeu est de trouver une règle qui se rapproche de l'esprit initial des parties connues tout en évitant les risques liés à une pratique anarchique. Le jeux en équipe sera choisi plutôt que le gain individuel de l'eteuf. Les jeux au pied et à la main seront mixés. Ce jeu ne doit ressembler ni au rugby, ni au foot-ball, ni au foot-ball américain, même s'il n'en sera jamais très éloigné. A la base ne pas oublier qu'il s'agit d'un jeu de gagne terrain et de poursuite, c'est également un jeu guerrier. C'est une sorte de préparation militaire et un moyen de règlement des rivalités latentes entre deux villages, deux régions (la ville contre les alentours par exemple Ð cf le journal du sire de GoubervilleÊ: choule entre Cherbourg et en deçà), les hommes mariés établis et les non mariés en quête d'un statut socialÉ) La taille du terrain dépendra du nombre de joueurs (compter 150 m / 75 m pour 25 joueurs par équipe, ce qui fait 15 m / 15 m de champ pour chaque joueur. Outre la zone centrale carrée on peut prévoir une zone humide au milieu du terrain de chaque côté du carré ou devant chaque ligne de marque, afin de figurer un cours d'eau et d'agrémenter la partieÉ.
        Les Marques ou butsÊ: une zone de 5 mètres de large sur toute la largeur du terrain où l'éteuf devra être portée à la main, un carré de 5 sur 5 où l'éteuf pourra être déposée à la main ou envoyée au pied ( une planche de rebond sera posée juste derrière), cette dernière est une zone où l'on ne peut pénétrer sans l'éteuf.

L'arrivée sur cet endroit pourra donner un avantage à l'équipe gagnante, soit en point, soit en gain de terrain pour la partie suivante (par exemple le gain de l'engagement suivant). Engagement: l'éteuf est lancée symboliquement en l'air au milieu de la zone d'engagement. Au moment où elle tombe à terre les équipes positionnées en dehors du carré (ce carré représente le village de départ), s'élancent pour jouer celle ci au pied tant qu'elle demeure dans le carré. Le non respect de cette règle donne l'éteuf à l'autre équipe qui se positionne avec elle sur le côté jaune ou rouge du carré suivant qui a fait la faute (jaune si ce sont les jaunes) . L'autre équipe est reléguée à une distance correspondant à la longueur de l'envoi au pied ou à la main d'un des attaquants. Elle ne pourra pas bouger de cet endroit tant que l'équipe adverse n'aura pas progresser jusqu'à son niveau. La zone d'engagement est une donnée tactique à prendre en compte (faut il la contourner, la dépasser en passant l'éteuf par dessus, est ce une zone refugeÊ. Remise en jeu FautesÊ: celles ci sont sanctionnées comme il est dit pour l'engagement. Elles correspondent au non respect des règles de progression ou à des comportements dangereux. Pour ces derniers une exclusion est requise allant d'un engagement à la partie toute entière. Bataille: c'est l'essence originelle du jeu semble t-il, mais il est à noter qu'il avait pour mission, en principe, de canaliser les rivalités et de les focaliser le jour de la choule. C'est aussi le point le plus difficile à "réglementer", on le voit bien au rugby où les règles tentent d'être moins "fixantes" qu'au jeu à XIII où au foot-ball américain, encore que ce dernier grâce à la passe en avant qui a fini par triompher (contre l'interdiction du jeu en avant) permet d'ouvrir les possibilités. La contre partie étant qu'au rugby l'interprétation des règles est souvent laissée à la libre appréciation de l'arbitreÉ Il convient d'éviter les débordements en tout état de cause. Si l'on se réfère au jeu de Hurling ancien (à ne pas confondre avec le jeu de crosse irlandais) au Pays de Galles, il n'était possible d'avoir de contact qu'entre deux joueurs déterminés par paire avant la partie, et le joueur à terre ou le "joueur agressé" devait crier un mot pour se mettre en dehors du jeu . Sans aller jusque là on peut envisager que tous peuvent être adversaires, mais en effet obliger le joueur à terre ou bloqué à demander "un arrêt" et à jeter l'éteuf dans (vers) le camp adverse, les "bloqueurs" du moment faisant un rempart de leurs bras pour éviter que l'éteuf aille trop loinÊ! on arrive ainsi à un système plus clair que celui du rugby à 15, et plus souple aussi. Il est également plus souple que celui du jeu à XIII et du foot ball américain. On peut aussi déterminer que le joueur bloqué lâche l'éteuf sur place au profit de l'autre équipeÉ On peut considérer que la défense consiste à bloquer la progression et la mise à terre ne doit pas être intentionnelle. GainÊ: Pour déposer la balle sur le camp adverse les joueurs peuvent progresser au pied sur tout le terrain et à la main uniquement en dehors de la zone d'engagement réservée au jeu au pied (1/5 de la surface de jeu) ou inversement (suivant la règle choisie). Les passes peuvent se faire en avant, mais aucune passe ne peut se faire à un équipier qui serait positionné en zone de but adverse. Une éteuf arrivée en zone de but à la main sans être portée devra être ressortie pour être reportéeÊ! TactiqueÊ: les différentes zones de but ou de terrain, les possibilités de progression (pieds, mains, en avant en arrière) impliquent des choix, de positionnement comme sur un champ de bataille. Le renoncement au jeu à terre apporte plus de fluidité, et moins de risques de blessures sans renier les contacts physiques.


LA PETITE CROSSE OU
PETITE CHOULE:
       C'est l'ancêtre du Cricket. Son existence n'est pas avérée en Normandie, seule demeure des gravures anciennes anglaises. Cependant on peut considérer que celle ci a pu être jouée lorsque le nombre de joueurs de Choule crosse était insuffisant. Le but du jeuÊ: Passer la balle dans le guichet, viquet (wickets anglais) ou faire tomber la barre du haut. Passage et barre tombée indirectement = 1 point, Barre tombée directement = 2 points 5 coups à jouer Le guichet est gardé par un défenseur avec une crosse de choule qui empêche la balle de rentrer et qui peut marquer des points en renvoyant la balle vers le but du lanceur. Si celui capte la balle directement il marque 2 points, si la balle passe dans le but du lanceur situé à 6 m et large de 3 m, le batteur marque 2 points. La partie peut se jouer en deux manches, les deux joueurs étant alternativement lanceur et batteur. Un tournoi peut être organisé sous la forme d'un tableau de tournoi de Tennis


Éric Laruelle et Pascal Grange se sont pleinement investis dans la renaissance de la choule en Normandie

Article de PARIS NORMANDIE.fr
(Novembre 2016)

Bernay : zoom sur la choule
un jeu normand
En Normandie, les sports et les jeux traditionnels ont leurs défenseurs : Pascal Grange et Éric Laruelle. Respectivement secrétaire et trésorier de l’association « La Chouque, Vallée de la Risle », basée à Pont-Audemer et affiliée à la Fédération des jeux et sports normands, ils œuvrent pour la sauvegarde de la choule et de sa pratique. Le gymnase Jacques-Sébire, à Bernay, accueille le tournoi d’automne de choule normande, ces deux passionnés nous dévoilent les règles de leur sport favori.

Pascal Grange et Éric Laruelle. Respectivement secrétaire et trésorier de l’association « La Chouque, Vallée de la Risle », basée à Pont-Audemer et affiliée à la Fédération des jeux et sports normands, ils œuvrent pour la sauvegarde de la choule et de sa pratique.


Les règles du jeu "La choule",

C’est cette balle souple en mousse, entourée de cuir, qu’il faut envoyer dans l’un des buts ou « viquets » situés à chaque extrémité du terrain. Ces buts sont matérialisés par deux poteaux verticaux, sur lesquels une barre transversale est posée en équilibre. « Pour marquer des points, il faut glisser la choule dans le viquet par-devant ou par-derrière, ce qui rapporte un point. Si les attaquants font tomber la barre transversale, ils remportent deux points. En revanche, si un défenseur fait tomber par mégarde la barre de son propre viquet, cette faute rapporte un point à l’adversaire. C’est pourquoi, il vaut mieux éviter de se tenir trop près du viquet, comme les gardiens de but au football », explique Pascal Grange. Les joueurs, trois ou quatre par équipe, utilisent une crosse en bois assez légère. Ils peuvent aussi jouer au pied ou à la main, mais ils doivent en priorité se servir de leur crosse. « Il faut absolument jouer collectif car un chouleur qui ne passe pas la balle à ses coéquipiers a peu de chance de progresser.

Il faut donc être démarqué, échapper à la bousculade (choule veut dire bousculade en Normand) », souligne Éric Laruelle. Le match se termine au bout de deux mi-temps de dix minutes ou lorsqu’une équipe totalise 10 points. Bien sûr, la convivialité est de mise dans tous les matchs. Les tournois se terminent d’ailleurs par une dégustation de bons produits normands. Mais autrefois, des villages entiers s’affrontaient. Ou les hommes mariés rencontraient les célibataires. Tous les coups étaient permis. Renonçant à réglementer le jeu, les autorités ont préféré l’interdire vers 1940. Aujourd’hui, les femmes et les enfants sont les bienvenus, l’essentiel étant de s’amuser.


D’autres jeux normands:

Un ouvrage collectif, publié par l’association des Téqueurs et Chouleurs de Normandie vient de paraître. Il recense les jeux prisés de tout temps en Normandie. La tèque, pratiquée avant tout dans La Manche, est une variante du base-ball où les batteurs peuvent empêcher leurs adversaires de rapporter la balle au capitaine de l’équipe. Le mot « tèque » désigne la balle en question. Les jeux de quilles, comme les quilles du Cotentin, sont aussi très appréciés. Ce jeu se pratique avec trois quilles, l’objectif étant d’atteindre la première quille pour faire tomber les deux autres. La galine ou galoche, également pratiquée en Bretagne, s’en rapproche. Il faut atteindre avec un premier palet une boîte visée contenant de petits objets, qu’il ne faut faire tomber qu’au deuxième lancer. Le jeu de l’esnèque revendique quant à lui son origine viking à travers son nom (une esnèque est un navire viking) et la forme du plateau, qui évoque justement un bateau. C’est un jeu de poursuite comparable aux petits chevaux. Il oppose les rouges et les jaunes, les deux équipes devant s’efforcer de prendre les boucliers de l’adversaire. Les dés en bois sont des dés vikings rectangulaires.

 

Voir également ce site très intéressant : http://www.golfika.com/chole_f.html


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