LA COURSE À LA BROUETTE OU À LA GRENOUILLE

           Dans beaucoup de jeux des villages picards, l'animal d'élevage domestique représente presque toujours l'enjeu. On doit le tuer, le mutiler; on peut parier sur lui ou bien engager avc lui un rapport de force visant à l'immobiliser. On peut aussi l'opposer à un autre animal; le plus fort, le plus intelligent, le mieux dressé, fera alors gagner son propriétaire et les parieurs qui lui feront confiance. Parmi ces jeux, les plus pratiqués étaient le tir de l'oie, le tir à la potence très proche du premier puisqu'il consiste à casser la patte d'une volaille avec un bâton, combats de coqs, concours de chants "pinsons", courses de lapins, de chiens ratiers, courses à baudet, courses à la brouette.
La course à la brouette est peut-être le jeu le moins cruel pour les animaux car il s'agissat simplement de les transporter.

Au moment convenu, devant la population, les joueurs plaçaient leur brouette plate sur la ligne de départ. Quelques secondes avant le coup de sifflet, ils y déposaient leurs batraciens.

Chaque joueur devait transporter le même nombre de grenouilles (trois ou cinq) sur une distance de plus de cent mètres. Le vainqueur était celui qui arrivait le premier au but sans avoir perdu u seul de ces turbulents batraciens. Lorsqu'une grenouille s'échappait de la brouette, "le chauffeur" devait s'arrêter pour la rattraper et la replacer avec les autres.
(cf. Comité des fêtes, Villers-Bocage)

cf. Jeux populaires, traditionnels et communautaires, Dominique Lobjois, S.I de Laon