Le Mât de Cocagne

      Vers 1425, à Paris, une réjouissance apparaît dans les fêtes populaires: le mât de cocagne. C'est un mât lisse, rond, savonné, planté en terre et surmonté de victuailles à profusion pour qui sait en effectuer l'ascension. Si la notion de lutte associée au mot italien cuccagna se retrouve dans cette situation il apparait un peu ironique d'appeler cette activité mât de cocagne car on est un peu loin de l'idée de profusion de biens à portée de main.

Symbole par excellence des fêtes populaires, le mât de cocagne fait honneur à sa réputation. La foule est toujours nombreuse pour assister à la tentative d'un courageux qui, bravant les quolibets et les glissades, cherche à décrocher bouteille ou gibier. La masse des spectateurs contraste avec l'aspect individuel de l'exploit. On est prêt à applaudir la réussite du candidat (tout en espérant plus ou moins ouvertement l'échec de son entreprise ?).

Voilà un site où est mis à l'honneur le mat de cocagne à l'occasion des fêtes
http://www.valberange.com/


Le mât de cocagne, désigne un mât rond, lisse et élevé, planté en terre, dressé pendant les réjouissances publiques; il porte à son sommet des objets de toutes sortes, des prix qui appartiennent à celui ou ceux qui parviennent à grimper jusqu'en haut sans secours. Ce mât est soigneusement savonné, ce qui complique encore la difficulté des ascensions. Ce divertissement populaire a été, il semble, introduit pour la première fois à Paris en 1425, ainsi qu'on le voit par le Journal d'un bourgeois de Paris sous Charles VII.
Historique et Origine:
         Selon les uns (1), le pays de Cocagne est la partie du Languedoc qui composait l'ancien duché de Lauraguais. C'est là que se fabriquaient des pains coniques formés avec la feuille écrasée du pastel, et désignés sous le nom de coques ou coquaignes de pastel. Los coquaignes qui servaient à la teinture ont été pendant longtemps une source de richesse pour le pays. De là est venu l'usage de comparer les pays riches et heureux au pays où se fabriquaient les coquaignes, au pays de coquaignes. — En répétant le mot, on a forcé l'idée, et pays de cocagne a fini par être synonyme de félicité parfaite.
       Suivant d'autres, c'est-à-dire suivant M. Génin, ce bienheureux pays de Cocagne est, ou plutôt était l'Italie. Autrefois, au XVIème et au XVIIème siècle, il y avait à Naples une montagne figurant un Vésuve

1. « Le pays de la richesse par excellence, le pays de Cocagne n'était autre que le Lauraguais, l'opulente contrée des coques de pastel. » (Chapelet)

d'où jaillissait a profusion du macaroni, de la viande et des saucisses que les gens du peuple se disputaient. Cette réjouissance s'appelait une cocagne, en italien coccagna, du vieux français cocquaigne, qui signifie contestation, dispute.

        Cette explication, si elle était la bonne, aurait le mérite de rappeler l'origine de notre mât de cocagne car, aujourd'hui que l'idée de lutte a disparu, et que le mot cocagne est devenu synonyme d'abondance et de plaisir, le nom de mât de cocagne est un peu ironique. Il y a bien là-haut, en effet, des richesses que l'on vous offre, mais il faut les aller chercher, et ce n'est jamais sans beaucoup de peine qu'on arrive à ce résultat.
         Le mot cocagne semble promettre des jouissances plus faciles; le mât savonné ne permet guère de citer le proverbe qui sert à caractériser l’abondance : « Il n’y a qu’à se baisser et en prendre.»




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